N°22 - Octobre / Décembre 2016

Africa 24 Magazine

A votre santé, la belle rançon
 
Les chiffres ont de quoi vous donner le tournis. Mais ne sont pas loin de marquer une dramatique évidence. L’Afrique se soigne à dose homéopathique. Si on estime, en 2016, à plusde 150 milliards de dollars les dépenses de santé des pays africains, vous trouverez toujours des millions de citoyens étonnés de ne pas avoir un accès minimal aux soins. La santé coûte cher. En 2001, les 54 pays du  continent s’étaient fi xé pour objectif, à Abuja, de consacrer 15% des dépenses publiques à la santé. Une décennie plus tard, on peine à franchir la barre des 10%. Autant dire que l’ambition africaine de la santé pour tous nécessite un électrochoc. Le pari de la santé est celui d’une vie saine et productive pour la population. Donc, par ricochet, pour l’économie et le développement de nos pays. Il faut savoir que 90% des citoyens du continent ont besoin essentiellement d’un accès de base aux soins. Or, nous sommes moins de 10% à disposer de ce luxe. Les chiff res sont dévastateurs, comme ces pandémies qui nous ravagent. L’Afrique, qui représente 11% de la population mondiale, héberge 60% des personnes vivant avec le VIH-sida, principale cause de mortalité chez les adultes du continent. Plus de 90% des 500 millions de porteurs du virus du paludisme sont en Afrique. Cette maladie y est la première source de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. Onchocercose, poliomyélite, rougeole... et Ebola sont autant de défi s à relever. Eradiquer est une tâche de gladiateur. Tâche d’autant plus immense que l’Afrique produit sur son sol moins de 1% des médicaments qui lui sont nécessaires. Que la recherche est au stade embryonnaire. Que nous consommons 95% des technologies de la santé dont nous avons besoin, mais que celles-ci sont fournies exclusivement par nos partenaires de pays plus développés. Avec nos maladies, nos fournisseurs font bonne fortune. Nous off rons en moyenne 100 milliards de dollars au reste du monde pour survivre. Quelle belle rançon !

Constant Nemale


To your health, a fine ransom
 
The fi gures are enough to make you dizzy. But not far from marking a dramatic highlight. Africa is caring for itself in homeopathic doses. If, in 2016, we estimate health spending in African countries at more than 150 billion dollars, you will always fi nd millions of citizens surprised that they don’t have minimal access to healthcare. Healthcare is expensive. In 2001, the continent’s 54 countries set a target in Abuja to allocate 15% of public expenditure on health. A  decade later, it is diffi cult to cross the 10% mark. Suffi ce to say that the African ambition for health needs a jolt to the system. The health challenge is that of a healthy and productive life for the population. So, by extension, the economy and the development of our countries. It should be known that 90% of the continent’s citizens essentially need access to basic care. But we are less than 10% to have that luxury. The numbers are just as devastating as the pandemics that ravage us. Africa represents 11% of the world’s population but is home to 60% of people living with HIV-AIDS, the leading cause of death among the continent’s adults. Over 80% of the 500 million carriers of the malaria virus are in Africa, the fi rst cause of death among children under 5 years. River blindness, polio, measles... and Ebola are still challenges. Eradication is a mammoth task. A task all the more vast because Africa produces less than 1% of the necessary medicines on its soil. Research is in its infancy. We consume 95% of health technologies that we need but which are provided exclusively by our partners from more developed countries. With our diseases, our suppliers are making a fortune. We offer an average of 100 billion dollars to the world in order to survive. What a fi ne ransom!

Constant Nemale