N°16 - Avril / Juin 2015

Africa 24 Magazine

L’industrie pour libérer l’Afrique

En Afrique, l’industrie va à la fois bien et mal. Même si le continent ne représente que 1,1% de la production manufacturière mondiale, on sent frémir, un peu partout, une envie de transformation(s). De transformation industrielle bien sûr. Et les pays qui, jusqu’à présent, concentraient l’essentiel de l’appareil productif africain – à savoir l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’île Maurice, la Tunisie, le Maroc, l’Algérie – ne sont plus seuls. L’Ethiopie annonçait en 2014, par la voix de son président Mulatu Teshome, qu’elle souhaitait, dans les trois prochaines années, consacrer 3 millions d’hectares à l’industrie textile. Cette dernière est en plein boom dans le géant d’Afrique de l’Est, comme nous l’expliquons dans notre Décryptage, où un reportage au Sénégal nous fait croire au rebond textile dans ce pays aussi. Le Rapport économique sur l’Afrique 2014 des Nations unies explique la faible industrialisation de l’Afrique par sa dépendance à la production et aux exportations de produits primaires. Voilà pourquoi nous plaidons, dans une partie sur l’industrie minière, pour une transformation locale plus importante. Et pourquoi nous mettons en avant le champion marocain des engrais phosphatés, l’OCP, qui a su s’imposer mondialement. Nous sommes aussi allés voir quels étaient les grands axes de la politique industrielle du Cameroun (Diplomatia) et comment l’industrie tunisienne (Focus) a résisté aux soubresauts politiques, sociaux et économiques de la révolution de 2011. Dans ce pays, le groupe Loukil nous a ouvert les portes de ses usines.
Pour pallier la faiblesse des infrastructures en général et le manque de financements, on observe la création de zones industrielles spéciales, véritables sites voués au rendement, bien fournis en infrastructures, le plus souvent connectés à un port et/ou proches d’un aéroport. Dans notre Financia, le directeur de Tanger Free Zone nous explique les secrets d’une réussite dans ce cadre. Parmi les secteurs industriels porteurs, si l’assemblage automobile connaît une forte croissance, comme à Tanger, beaucoup d’espoirs sont placés dans l’agro-industrie, à laquelle nous dédions un ensemble d’articles (forêt, pêche, huile de palme…), et l’industrie pharmaceutique a le vent en poupe. Nous consacrons d’ailleurs notre CEO aux poids lourds, publics comme privés, de ce secteur. Enfin, les usines de ciment tournent à plein régime et nous donnons la parole au Nigérian Ali Dangote, le magnat du ciment, l’homme le plus riche d’Afrique. Il appelle les Africains à se libérer économiquement. On ne peut qu’adhérer.

Olivia Marsaud

Industry to liberate Africa

In Africa, industry is doing both well and badly. Even if the continent represents only 1,1% of global manufacturing production, one can feel almost everywhere a quivering desire for change. Industrial change of course, and the countries that focus the bulk of Africa’s productive apparatus, namely South Africa, Egypt, Mauritius, Tunisia, Morroco and Algeria are no longer alone. In 2014 Ethiopia announced, by way of its President Mulatu Teshome that it hoped to devote 3 million hectares to the textile industry over the next three years. This industry is booming in the behemoth of Eastern Africa, as we explain in our Décryptage section, where a reporter also invites us to believe in Senegal’s rebound in textiles.
The United Nations Economic Report on Africa 2014 explains the weak industrialisation in Africa by its dependance on the production and export of primary products. That is why we appeal for, in part in our mining industry section, a major transformation on a local level. That is why we also highlight the Moroccan champion in phosphate fertilisers, OCP, which has managed to establish itself globally. We also went to find out what the largest industrial political hubs in Cameroon are (Diplomatia) and how Tunisian industry has resisted the political, social and economic upheavals wrought by the 2011 revolution. In that country, the Loukil group threw open the doors to its factories for us.
To compensate for a general weakness in infrastructure and lack of financing, we see the creation of special industrial zones, real sites devoted to efficiency, well provisioned infrastructure and often connected to a port and/or close to an airport. In our Financia section, the director of the Tangier Free Zone explains to us the secrets of his success in the field.
Among promising industrial sectors, car assembly is seeing strong growth in Tangier, and a lot of hope is being placed in agribusiness, to which we devote a variety of articles (forestry, fishing, palm oil...) and the pharmaceutical industry has the wind in its sails. We devote our CEO section to the heavy weights, both in the public and private sectors. Finally, cement factories are operating at full throttle and we hand over the floor to the Nigerian cement magnate Ali Dangote, who is the richest man in Africa. He calls on Africans to free themselves economically. We can only agree.

Olivia Marsaud