N°17 - Juillet / Septembre 2015

Africa 24 Magazine

L’Afrique qui carbure

«Le pétrole est devenu un dieu : il a ses dévots, il a un culte. » A la fin du XIXe siècle, l’écrivain Maxime du Camp l’écrivait déjà. Et il semble avoir été prémonitoire : en ce début du XXIe siècle, le dieu pétrole irradie encore.
On le sait, un certain nombre de pays africains font partie de la catégorie des exportateurs avec, dans le peloton de tête, le Nigeria, l’Algérie et l’Angola. Pour ces géants pétroliers et les autres, nous avons établi 17 fiches qui résument la situation pétrolière et gazière de chacun, avec les chiffres clés et les cartes des gisements. Nous évoquons également les nouveaux venus dans le secteur, comme le Sénégal, qui cherchent à profiter au mieux (économiquement, socialement, écologiquement parlant) d’une manne en train de se constituer. D’autres pays sont à l’honneur dans ce numéro : le Gabon (dans notre Diplomatia), qui restructure son secteur pétrolier, et le Mozambique, sujet de notre Focus, futur eldorado gazier que certains appellent déjà le « petit Qatar ».
La demande en énergie n’a jamais été aussi forte dans le monde. Et la croissance de l’Afrique ne fera qu’augmenter ce besoin dans les années à venir. C’est pourquoi les infrastructures, colonne vertébrale de l’industrie pétrolière, se doivent d’être renforcées. Pallier le manque de raffineries en Afrique est l’un des défis que doivent relever les Etats (voir notre Décryptage). Il en est de même pour la distribution. Comment expliquer que les pays producteurs doivent importer du pétrole pour leur propre consommation ? Il faut renverser cette situation absurde.
Et si nous décryptons la stratégie des multinationales –comme Total ou Chevron – en Afrique, nous mettons en avant, comme toujours, les initiatives et réussites africaines. Ainsi, le portrait de la Nigériane Diezani Alison-Madueke, première femme à la tête de l’OPEP, les écoles africaines qui forment les futurs ingénieurs pétroliers, du Gabon à la Tunisie en passant par l’Afrique du Sud (Zoom). Ou encore les juniors locales et leurs CEO conquérants.
A l’heure où la chute du prix du baril déstabilise les économies, à l’heure du débat sur l’exploitation du gaz de schiste, à l’heure du réchauffement climatique, l’Afrique pétrolière doit se réinventer. Nous ouvrons des pistes.

Olivia Marsaud


A fuelling Africa

“Oil has become a god: it has its devotees, it has its worshippers.” The writer Maxime du Camp had already written this at the end of the 19th century. His words seem to have been prophetic: at the beginning of this 21st century the oil god radiates still. We know that a certain number of African countries fall under the exporting category with the leaders of the pack, Nigeria, Algeria and Angola. For these oil giants and the others, we have put together 17 fact sheets that sum up the oil and gas situation of each, with key figures and field maps.
We also touch upon the newcomers in the sector, such as Senegal, who are looking to best profit (economically, socially and ecologically speaking) from this godsend that is in the process of taking shape. Other countries are honoured in this edition: Gabon (in our Diplomatia section) which is revamping its oil sector, and Mozambique which is the subject of our Focus section is the future gas Eldorado that some are already calling the “little Qatar”.
Across the world, the demand for energy has never been so high. And Africa’s growth will only serve to increase this need in the years ahead. That is why infrastructure, the backbone of the oil industry, needs to be strengthened. Remedying the lack of refineries in Africa is one of the challenges that States must overcome (see our Décryptage section). The same goes for distribution. How do we explain the need for producing countries to import oil for their own consumption? We must reverse this absurd situation.
And if we decipher the strategy of multinationals – such as Total or Chevron – in Africa, we underscore, as always, home-grown African initiatives and successes. Hence, we have the portrait of Nigerian Diezani Alison-Madueke, the first woman leader of OPEC, as well as African schools who are training their oil engineers (Zoom) from Gabon to Tunisia, passing through South Africa on the way. Or even local juniors and their conquering CEOs.
At a time when falling barrel prices are destabilising economies, when there is debate on the exploitation of shale gas, and global warming, the Africa of oil must reinvent itself. We open the way.

Olivia Marsaud