N°20 - Avril / Juin 2016

Africa 24 Magazine

Le bonheur de transmettre et d’apprendre

Tous les métiers me fascinent. Mais l’enseignement est celui qui me subjugue le plus. Entre le mystère d’absorber au quotidien tout un savoir, le plaisir de savourer ces leçons et la magie de la transmission des connaissances, tous les ingrédients sont réunis pour donner un sens mythique à notre parcours scolaire. 

Dans ce sacerdoce qui forge le destin de l’humanité, nous avons trop souvent oublié, à titre individuel et collectif, de situer le rôle fondamental et les valeurs de cette profession. Pourtant, notre avenir en dépend. Génération après génération. L’enseignant devrait avoir dans notre société un statut particulier. Une dimension quasi régalienne. 

Car, en Afrique, de l’enseignant à l’enseigné, de l’école à l’université, du collège à l’institut professionnel de formation, chaque pas d’un enfant dessine le relief d’une nation. Comment ne pas être admiratif devant le programme initié par le Rwanda ? En plaçant l’éducation au cœur de la vie quotidienne, le gouvernement a réussi à créer une société portant son savoir en bouclier de son futur. 

Chaque pays dispose de sa méthode. De son approche et de sa vision. Mais une évidence s’est imposée, celle de l’école gratuite et du collège ou du lycée pour l’excellence. Car les fondamentaux s’acquièrent dès le primaire. 

Reconnaissons-le, l’Etat ne peut pas tout faire. Quel que soit le pays. Donc il y va aussi de la générosité citoyenne. Que chacun de nous trouve la force et la capacité d’investir et de s’investir dans l’éducation. C’est l’investissement humain le plus rentable au monde. 

Je garde un merveilleux souvenir d’une balade près de Yaoundé, au Cameroun. Sur une pancarte : Athénée de la Sapience. Au cœur de la forêt. Un lycée privé. Là, les élèves en bleu de chauffe, ouvriers du savoir, ont remis au goût du jour le sens de la discipline, du devoir et de l’apprentissage. 

L’école, plus qu’un trésor, est un luxe dont la vocation est pourtant d’être le plus démocratique possible. C’est pourquoi nous avons choisi de partager avec vous ce défi : un milliard de diamants bruts à former. Bienvenue dans le monde de l’éducation en Afrique. 

Constant Nemale


The joy of teaching and learning

Iam fascinated by all professions. It is teaching, however that beguiles me the most. Day to day, between the subtle mystery of ingesting knowledge, the pleasure that lies in savouring lessons and the magic in imparting expertise, all these ingredients are brought together to bring about a mythical meaning to our educational experience. 

Within a vocation that forges the destiny of humanity, we have all too often forgotten, whether individually or collectively, to situate the roles and values that are fundamental to the profession. But generation after generation, our future depends on it. The teacher should have a central role within our society, even a sovereign status. 

Because in Africa, from the teacher to those who are taught, from school to university, secondary school to vocational institution, each step a child takes grafts the contours of a nation. How could one not admire the programmes introduced in Rwanda? By placing education at the heart of daily life, the government has successfully created a society that is carrying its knowledge as a safeguard for its future. 

Each country has its own method, approach and vision. One thing is for certain: free primary and secondary educations build excellence. Because the essentials are picked up in primary school. 

By recognising this, it is clear that no State can do everything. The generosity of citizens is therefore crucial. Each and every one of us must find the force and capacity to invest ourselves in education. It is this human investment, no matter the form, that is the most beneficial.  

Walking near Yaoundé, I am amazed. In the middle of a forest, a sign reads: Athénée de la Sapience. It is a private boarding school, and here students with blue overalls, labourers of knowledge, have brought the sense of discipline, duty and learning back into fashion. 

Education is more than a treasure, it is a luxury that is nevertheless meant to hold a democratic vocation. We have chosen dozens of stories to share with you, summed up by this one challenge: there are one billion “rough diamonds” to polish and put on show. Welcome to the world of education in Africa.

Constant Nemale